Denise ETIENNE
14.06.2015 par LR
num.250 juillet 2015 p.16
Une grande dame s’en est allée vers les étoiles

Qui ne connaissait pas Denise Etienne? Qui aurait cru à son absence si soudaine et définitive? Absence qui nous laisse dans le désarroi et la tristesse.

Cette amie, qui nous est si chère, était une personne, grande par sa stature, mais surtout grande pour ses valeurs nobles et pures qu’elle a inculquées tant à sa famille qu’à ses élèves au cours des nombreuses années d’enseignement,
que ce soit à Genève, à Montana (à l’école d’altitude de l’enseignement primaire genevois) ou à Versoix. Eminente pédagogue, son souvenir est resté gravé dans la mémoire de chacun, tant et si bien que leur rencontre réciproque était faite de rires, de plaisir, de joie profonde et d’anecdotes. Personne ne pouvait oublier Denise, car son énergie, sa bonne humeur, sa joie de vivre, son sourire étaient communicatifs.

Denise, un monde à elle seule! Rien ne lui échappait, curieuse de tout, s’intéressant à tout, aussi bien dans le domaine musical – son terrain de prédilection – que celui de la culture ou de l’évolution ecclésiastique, sociétale ou des loisirs.

On aimait sa jovialité, son art de communiquer, sa façon de relativiser, de prendre les choses du bon côté, de voir l’avenir avec foi et espérance. Vertus d’ailleurs qui l’ont guidée toute sa vie. N’a-t-elle pas été pendant 76 ans organiste bénévole à la paroisse Saint-Loup à Versoix, avec la parenthèse Montana, au service de son Eglise pour animer les liturgies, pour accompagner la chorale ou être disponible chaque fois que l’on avait besoin d’elle ? «La motivation de mon engagement, disait-elle, j’aime! Les gens, l’Eglise, le Christ. Je suis une femme comblée». Ne collectionnait-elle pas les crèches de Noël – pour l’essentiel rapportées par ses enfants voyageurs – de toutes grandeurs, toutes formes, toutes originalités! Elle aimait les présenter à ses amis proches, aux alentours de Noël, et cette joie de partager, de créer du bonheur chez l’autre venait d’un cœur plein de générosité et de rayonnement.

Parler de musique avec Denise, c’était presque déjà aller au Paradis. Tout vivait en elle, tant elle était imprégnée dans ses moindres fibres, partageant, d’abord avec feu son cher mari, Ernest, puis avec l’Abbé Patrice Esquivié, son grand ami, Jean-Pierre Marquis, son complice, André Charlet, le compagnon des grands voyages chantants, leurs connaissances musicologiques, artistiques ou autres expériences d’interprétation.

Comme la musique élève l’âme, cette mère de quatre enfants, quatre fois grand-mère, - une bonne partie de ses racines sont à Ecogia, tout près du chemin Degallier où elle habitait et où elle est née, - a su faire germer ces dons dans l’amour de sa famille, l’amour qu’elle portait aux gens, à ses amis en particulier, à la VIE, à la beauté des êtres et des choses. Cet amour, si fort en elle, fidèle mais chargé de discrétion, d’humilité et de sagesse, était un véritable rayon de soleil que nous ne pouvons oublier, comme nous ne pouvons oublier son magnifique jardin qui la vivifiait. L’allée des iris, les massifs de roses, les scilla ou les primevères dont elle émaillait sa pelouse étaient un chant perpétuel de louange à la nature.

On pourrait dire encore mille et une belles choses, sur cette âme bien née, qui semblait éternelle à nos yeux. Partie dans sa 90ème année, ce 1er juin 2015, elle demeurera encore et toujours l’amie, la grande dame, «vivante» parmi nous. Une nouvelle étoile brille maintenant dans le Ciel pour tous les Versoisiens et des gens loin à la ronde.

A sa famille, nous adressons nos sincères condoléances et l’assurance que son souvenir lumineux perdurera longtemps dans nos cœurs.  

 

auteur : Lucette Robyr

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