15.01.2020 par ro
num.295 février 2020 p.05
CHEOPS a mis en orbite l’Observatoire de Genève

 Le 18 Décembre 2019 reste un jour mémorable pour l’équipe de l’Observatoire de Genève : avec un grand succès a été lancé le satellite CHEOPS, qui signifie Satellite pour la Caractérisation des Exoplanètes. C’est la première mission complètement conçu et dirigé par les chercheurs suisses et développé en partenariat avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA). L’Observatoire de Genève joue un rôle très important, car il a participé à la conception de l'instrument, héberge le Centre des opérations scientifiques du satellite et de l'analyse des données. CHEOPS n'a pas pour mission de découvrir de nouvelles mondes, mais d'observer des systèmes planétaires déjà identifiés pour déterminer leur composition et structure. En fait après la découverte de la première exoplanète dans le lointain 1995, deux projets internationaux ont mis en évidence plus de 4000 exoplanètes. À partir des découvertes déjà effectuées, on pense qu’il existerait au moins 100 milliards de planètes rien que dans notre galaxie. Entre toutes ces exoplanètes, la mission Cheops va étudier une catégorie très spécifique : les “super-Terre” ou “mini-Neptune”. Ce sont des astres qui ont une masse sensiblement supérieure à celle de notre planète, mais inférieure à celle d’une géante gazeuse comme Jupiter. Le Super-Terre représentent une découverte inattendue et énigmatique, car dans notre système solaire il n’y en aucune, mais ces types de planètes sont très nombreuses dans les autres systèmes planétaires. Pourquoi donc il n’y a pas de super Terre dans notre système solaire? Sont-elles plutôt rocheuses, gazeuses, “ou même peut-être océaniques”? En fait la présence d'eau liquide n'est possible que sur une planète rocheuse, et une planète constituée de roche, comme de la pierre, du métal, a une densité bien plus importante qu’un astre gazeux. CHEOPS nous aidera à mesurer la densité d'une exoplanète en mesurant son rayon. Il utilisera la méthode du transit : lors d’un passage périodique de la planète devant son étoile, une partie de la luminosité sera cachée par la planète et donc on observe baisse répétitives de sa luminosité (Fig.1): plus la diminution de la luminosité est forte et plus la taille de l'astre intercalé est importante. En combinant le rayon avec les valeurs connues de la masse on arrive à déterminer la densité. Cette technique permet aussi de connaître la distance à laquelle l'exoplanète se trouve de son étoile et donc si la température permettrait l'existence d'eau à l'état liquide. L’espoir est d’arriver à faire une liste d’une cinquantaine de “ super- Terre” pour de futures études sur l’habitabilité. Ces observations, qui dureront plus de trois ans, aideront à répondre à l’une des grandes questions de l’astrophysique : "Combien existe-t-il d’autres Terre dans notre galaxie ?”

Rosaria Simoniello   Photo: source : AFP (ESA)

auteur : rédacteur occasionnel

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