22.11.2018 par ro
num.283 novembre 2018 p.15
Une soirée sous le signe de l’autonomie

Le 22 novembre prochain, le Centre social protestant organise sa soirée de soutien autour du spectacle « Open Cage », de Damien Droin. En première à Genève, ce spectacle hors normes - entre voltige, danse et jeu théâtral - interroge les liens qui emprisonnent. Le CSP saisit cette métaphore au vol pour rappeler son engagement en faveur de l’autonomie des personnes. Un principe qui informe la pratique quotidienne des professionnels du CSP, comme on le voit ici avec l’exemple de l’accompagnement social.

Mme C. était désemparée lorsqu’elle a sollicité en 2017 la permanence sociale du CSP. Son mari l’ayant quittée quelques mois plus tôt, elle se retrouvait sans repères et avec des ressources insuffisantes pour faire face aux charges pour elle-même et ses deux enfants. Extrêmement fragilisée, elle avait certes besoin d’une assistance sociale professionnelle pour stabiliser sa situation financière, mais aussi d’un soutien susceptible de la rassurer en lui faisant entrevoir des solutions.

Sentiment d’impuissance
Les épreuves et les situations de précarité peuvent donner aux personnes le sentiment d’être submergées et impuissantes. Comment dans ce contexte restaurer leur autonomie ? En tant que travailleurs sociaux, nous devons d’abord établir avec elles une relation de confiance, en prêtant une oreille attentive à leur désarroi. Au moment où Mme C. a pris contact avec le Service social du CSP, elle formulait très clairement le besoin d’être aidée pour gérer son budget et pour fixer les priorités qu’exigeait sa nouvelle situation.

Parmi les comportements à adopter à l’égard des personnes qui sollicitent de l’aide, le code de déontologie suisse du travail social stipule celui de les soutenir pour « tendre vers une plus grande indépendance et responsabilisation ». Les travailleurs sociaux du CSP ne dérogent pas à ce principe. L’accompagnement qu’ils proposent a pour objectif de rétablir la situation des personnes de manière durable.

Hors de toute contrainte
À la différence de certains services publics cependant, la prestation d’aide qu’apporte le CSP se déroule sur une base volontaire : la personne qui s’adresse à nous choisit de le faire, en dehors de tout système de contrainte ou de sanction. Le CSP favorise un travail de qualité, en limitant au besoin le nombre de dossiers. Que ce soit pour un accompagnement sur le court ou le long terme, le tout est d’instaurer une véritable collaboration entre le professionnel et le consultant.

Ainsi, il s’agira d’abord de comprendre la situation de la personne dans sa globalité, puis d’évaluer ses besoins. La réalisation de ces étapes est indispensable pour susciter chez elle une prise de conscience. Car s’il est important de montrer à la personne qu’elle n’est pas seule et que des solutions existent, il s’agit également de lui tendre un miroir pour la confronter pour ainsi dire à sa réalité.

Ne pas faire « à la place de »
La personne qui sollicite l’aide du CSP doit réfléchir aux ressources qu’elle peut mobiliser, à ce qu’elle est en mesure de changer, puis faire les démarches nécessaires pour stabiliser sa situation. Les travailleurs sociaux ne font pas « à la place de » la personne, mais sont là pour la soutenir afin qu’elle retrouve une autonomie parfois enfouie à force de coups durs, mais bel et bien existante.

Ce cheminement n’est possible que si la personne est informée (du fonctionnement des assurances sociales, des prestations en vigueur, etc.). Le rôle du travailleur social consiste donc aussi à expliquer les méandres du système et les rouages administratifs.

Ainsi, dans le cadre d’un accompagnement qui s’est déroulé sur un peu moins d’une année, Mme C. a réussi à régler les suites administratives de sa séparation. Elle a obtenu une pension de son mari et un arrangement de paiement pour une dette d’impôts. Avec l’appui du CSP, elle a retrouvé une situation stable, avec un budget équilibré.

Janique Desaunay et Linda Lahotte

« Open Cage », de Damien Droin

22 novembre 2018, dès 18h30
Am Stram Gram (rte de Frontenex 56, 1207 Genève)
Tarifs : CHF 150 et 80 (demi-prix pour les moins de 16 ans)

Infos et réservations : www.csp.ch/geneve
 

auteur : rédacteur occasionnel

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