16.10.2018 par YR
num.283 novembre 2018 p.05
Analyse : ce que dit la navette d’Anières sur la politique locale

Un référendum communal a stoppé net un projet de navette lacustre reliant Asnières à Versoix-Bourg. En février dernier, le législatif aniérois avait pourtant voté le crédit à 11 oui, 2 non et 2 abstentions. Le fait d’une déconnexion peuple-élu ?

Un camouflet en rappelle un autre

Difficile de ne pas tirer un parallèle avec le projet de tour d’une dizaine d’étages en plein coeur de Versoix, il y a cinq ans. Voté au Conseil municipal, la tour a été noyée à 63% des voix.

Le refus est encore plus sec à Asnières, où 73,3% des suffrages exprimés s’opposaient à la navette. Interrogée par la Tribune de Genève, la présidente du Comité référendaire a été claire sur ses intentions :

« On ne doit pas mettre la population devant le fait accompli sous prétexte qu’on a la majorité absolue. Ce vote devrait pousser nos élus à repenser leur manière de gouverner dans un village. »

Si aucun parti n’a de majorité absolue à Versoix, il est également clair que le PLR peut compter sur son allié PDC pour ne pas causer trop de remous, et voter de concert.

Quelle majorité est bien majoritaire ?

La question morale peut être soulevée. Qui, d’une assemblée majoritaire ou d’une décision populaire prise à la majorité, est le plus légitime ?

Les deux avis se défendent : d’une part, les élus du peuple ont été élus en connaissance de cause. D’autre part, l’avis exprimé par le peuple en question vaut toujours mieux que l’avis qu’un tiers peut s’en faire.

Or, tous ne participent pas à un référendum, qui plus est communal. À Versoix, en 2014, la tour avait mobilisé tout juste 50% des habitants ayant accès au vote.

Libre à chaque camp, chaque parti, chaque mouvement, chaque ornière de faire parler la majorité silencieuse pour elle : personne ne pourra les contredire.

Texte et photo : Yann Rieder

auteur : Yann Rieder

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